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FABLE D’AUTOMNE |
Le livre ouvert sur la table
Le soir tombé à mes genoux
Et cet automne à demi fou
Qui rougit l’or de mon cartable
Espèce de taré vieux grigou
Je n’irai pas apprendre mes tables
J’ai bien assez froissé mes joues
À ces jeux je suis incapable
A l’école en rang debout
Scrutant des formes indéchiffrables
Les petits font tourner la roue
Des connaissances raisonnables
Ils se rendront compte après coup
Quand ils deviendront moins maniables
Qu’ils ont refermé les verrous
Sur ce qu’ils portaient d’ineffable
Pendant ce temps tout doux tout doux
Les vaches rentrent à l’étable
Un silence infiniment roux
Gagne les forêts imprenables
Les champignons cachés dessous
Les feuilles devenues friables
À botter les vesses de loup
On ne récolte que du sable
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Pommes et châtaignes ont le goût
Dru de l’enfance infatigable
Devant les flammes les vieux nous
Rappellent aux trésors introuvables
Là-bas du côté de la proue
Le vent se cogne redoutable
Quelquefois aussi je m’échoue
Avec les barques vulnérables
Dites m’en voudrez vous beaucoup
Si je vous laisse mon cartable
Je reste encore un peu chez nous
Le temps me retient dans ses fables
Dites m’en voudrez vous beaucoup
Si je vous laisse mon cartable
Je reste encore un peu chez nous
Le temps me retient dans ses fables
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© Anne Demortain |
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