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Anne Demortain | |
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ENTRETIENS (suite)Il y a aussi de la révolte, parfois ? Oui…La révolte naît du mensonge : celui de ceux qui résistent à nous laisser accéder à notre pouvoir, et aussi celui que l’on se fait à soi-même, par confort ou conformisme. La chanson « La vérité » en parle, de cela, « Moutons » aussi. Mais il y a toujours un espoir. En fait, cette révolte, c’est une façon de déchirer l’ombre pour atteindre la lumière. Quels sont les chanteurs qui t’ont le plus marquée ? Là, maintenant, je pense à Ferré, surtout dans ses dernière périodes. Pour sa poésie, et aussi parce qu’il provoque une rencontre entre des vocabulaires jugés incompatibles : j’aime quand l’argot côtoie les belles lettres ! Je l’aime pour sa révolte aussi, même si je ne le suivrais pas jusqu’au bout. J’ai aussi beaucoup écouté Brel. Je me rappelle…J’étais assise devant la chaîne et j’écoutais l’intégrale. Je ne faisais rien d’autre, ce n’était pas en faisant mes devoirs, j’étais vraiment là à écouter sa parole, son expression, et tout ce que cela pouvait évoquer en moi. Il y a une chanson que je trouve magnifique, qui n’est pas forcément très connue d’ailleurs, c’est « Regarde bien, petit, regarde bien », qui parle de la méfiance et de l’enfermement, au prix d’une solitude infinie. Il y a eu aussi Barbara, Michel Fugain, Anne Sylvestre, Frédéric Mey, Henri Tachan, Dick Annegarn, Le Forestier…Par période, je faisais des cures de l’un ou de l’autre… Récemment, j’ai écouté Sarclo, il y a des chansons que j’aime bien, vraiment. Juliette également. J’ai aussi écouté Michèle Bernard, qui est quelqu’un qui tourne depuis longtemps et que je ne connaissais pas. Y a-t-il quelqu’un dont tu te sentes plus proche, dans l’écriture ? Parmi tous ceux que j’ai écoutés jusqu’ici, je ne vois pas de qui je pourrais vraiment me sentir très proche. Peut-être d’auteurs plus anciens, de Villon… Il y a ce côté rimé… j’ai parfois l’impression que mon écriture traverse le temps. Moyennant quelques adaptations, on aurait pu la donner à entendre au XVème siècle. Il y a cette dimension d’universalité que je recherche dans l’écriture. Une de tes qualités ? La remise en question, sans doute, qui amène à rebondir, à s’adapter. Cela pourrait être un défaut… Je ne suis pas prête pour autant à m’adapter à tout et à n’importe quoi. Je pose aujourd’hui d’avantage mes conditions que par le passé, mais je réfléchis à ce qu’on me dit, et j’essaie de comprendre le point de vue de l’autre. Une aptitude ? Je pense que c’est la créativité. Cela se traduit souvent, quand je vois quelque chose, un objet qui me plait : je me dis : comment c’est fait, comment est-ce que je pourrais le fabriquer ? et puis : si je le faisais autrement, comme ci, ou comme ça, ce serait plus intéressant, ce serait encore mieux... Pour toi, qu’est ce qu’une bonne chanson ? Avant tout, une bonne chanson, pour moi, c’est une chanson qui me touche. Je suis plus facilement touchée par des chansons qui sont construites et qui présentent une progression. Je suis sensible aux rimes, aux rythmes, je prends plaisir à les écouter : une chanson où les rimes sont riches et le texte structuré sera plus agréable, plus excitante qu’une chanson sans rime, avec des vers irréguliers, et qui ne me mène nulle part…. Suite...    |
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Dernière modification : 27/02/2008 - 16:17 |
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