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Anne Demortain | |
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ENTRETIENSBonjour Anne. Tout d'abord, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ? Je suis une femme qui écrit. On distingue deux époques de création dans ton parcours, avant et après 98, peux-tu nous en parler ? J’ai vraiment commencé à écrire des chansons en 1983 quand j’étais à Strasbourg. En fait, j’ai commencé à écrire quand j’ai pris conscience de ma sexualité. Il fallait vraiment que je m’exprime, c’était un besoin impérieux : j’ai écrit des dizaines de chansons à cette époque là. Mais après les concerts de 96/97, j‘ai senti que l’on attendait de moi un certain type de chansons et j’ai dis «Stop». Je ne voulais pas que les gens me cantonnent dans un genre, je ne voulais pas écrire pour répondre à une certaine demande, je voulais rester libre. Les chansons que je chante aujourd’hui ont été écrites après 98 pour la plupart. Mon besoin d’expression a évolué : ces chansons traduisent des prises de conscience que j’ai envie de transmettre, un message universel qui touche à notre humanité : on est vivant, on est sur la terre, on existe. De la première époque, je continue à chanter 3-4 chansons comme « Ma Louve », « De temps en temps », « L’oiseau de passage ». Il y en a d’autre que je n’ai pas laissées complètement de côté, que je rechanterai peut-être à l’occasion. Mais il y en a certaines que je n’assume plus. Et puis, poétiquement, j’ai maintenant d’autres exigences que je n’avais pas lorsque je les ai écrites. A quel genre musical appartiens-tu ? J’appartiens à la grande famille de la variété. Cependant, je n’entre pas dans une chanson par la musique, C’est par la parole, la voix, le contenu. L’écriture, la chanson sont un support, le moyen le plus accessible que j’ai trouvé pour transmettre ce que je ressens - ma compréhension du monde - aux gens qui m’écoutent. Peux-tu nous parler de ta démarche d’écriture ? C’est comme si je tirais sur un petit fil qui dépasse. Le fil, c’est l’idée de chanson, et puis je m’aperçois que ce que je suis en train d’écrire m’apprend des choses. C’est comme si je tirais un fil de l’invisible et que du coup, j’arrivais à en avoir une pelote. Cette pelote là, à ce moment là, c’est de l’or : elle me parle, me fait comprendre des choses sur moi, sur le sens de la vie, que je ne pensais pas connaître. Elle vient d’une autre dimension, pas de l’intérieur de moi. C’est juste un fil qui dépasse, moi je tire sur le fil, et il y a la pelote qui vient. Toute ma démarche est là dedans, en fait, et je joue avec les contraintes de rimes et de vers… Dans une chanson que j’ai écrite en début d’année, où je parle de la vie justement, je dis à un moment : «Elle me fit ce don pour toujours, il n’y a qu’elle tout autour ». Au moment où j’écris cela, je me dis : c’est fort, cela ! Je suis en train de dire que la mort n’existe pas, qu’il n’y a que la vie, sans vis-à-vis (je continue en disant « sans vis-à-vis »). Pour moi, c’est une prise de conscience. Si d’autres l’entendent, cela leur fera peut-être le même effet. Donc j’ai envie de le leur transmettre. Je pense que c’est cela qui touche dans les chansons que j’écris. C’est comme des prises de conscience de l’universalité, de l’immanence de l’existence. Cela se réfère sans doute à toutes les religions, c’est au-delà des religions, il s’agit d’autre chose. Et puis voilà, cela m’exalte. Suite...   
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Dernière modification : 27/02/2008 - 16:17 |
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